Monday, February 1, 2010

Cité U d’Antony : encore un mensonge de Valérie Pécresse

Le 29 janvier 2010,


Communiqué de Guillaume Balas, enseignant et n°2 de la liste Huchon 2010 à Paris.

Lors de l’inauguration d’une résidence étudiante à Boulogne-Billancourt pour laquelle la Région a versé plus que l’Etat, la candidate de l’UMP a prétendu que la Région avait refusé de prendre en charge la Cité U d’Antony.

En réalité, la région Ile-de-France n’a jamais eu son mot à dire en la matière ; dès 2004 et l’acte II de la décentralisation, c’est bien à la seule intercommunalité des Hauts-de-Bièvre, contrôlée par l’UMP, que l’Etat a voulu transmettre ce patrimoine historique. Cela n’a donc jamais été proposé à la Région.

Depuis, cette communauté d’agglomération n’a rien fait pour empêcher la dégradation de cette cité U, ignorant les offres de subventions du conseil régional, qui, en décembre 2009, a voté un budget de 20 millions d’euros pour la réhabilitation de la RUA.

Plutôt que d’essayer de masquer son manque d’ambition pour le logement des étudiants et pour l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse ferait mieux de participer à la réhabilitation de l’ensemble de la Résidence universitaire d’Antony et de soutenir la Région.

Contact : presse@huchon2010.fr - 01 44 38 90 76 / 06 47 40 75 40

Saturday, December 19, 2009

20 millions pour la réhabilitation de la RUA - Pécresse est contre...

LE PARISIEN

HAUTS-DE-SEINE

Cité U d'Antony : l'UMP veut rebâtir, le PS veut rénover

17.12.2009, 19h51 | Mise à jour : 22h48

Alors que la région Ile-de-France a voté ce jeudi un programme de réhabilitation de la cité universitaire d'Antony (Hauts-de-Seine), Valérie Pécresse, la ministre UMP de l'Enseignement supérieur, a écrit à son adversaire aux régionales, le président socialiste du conseil régional Jean-Paul Huchon, qu'elle envisageait une autre solution.

Avec 2100 logements loués aux étudiants entre 130 et 220 euros par mois, la résidence Jean-Zay d'Antony est l'une des plus grandes d'Europe. Elle devrait bénéficier d'un programme de réhabilitation de 20 millions d'euros voté jeudi par le conseil régional d'Ile-de-France. «Il s'agit là d'un acte fort en faveur de la sauvegarde des milliers de logements étudiants de la cité universitaire», a souligné le maire de Clamart Philippe Kaltenbach (PS), également conseiller régional.

Ces logements «doivent être réhabilités et non détruits comme le souhaitent les élus UMP de la Communauté d'agglomération des Hauts de Bièvre, nouveau propriétaire du site, qui veulent livrer ces terrains à la promotion privée», écrit Philippe Kaltenbach dans un communiqué. Selon le maire de Clamart, Valérie Pécresse, conseillère régionale et ministre de l'Enseignement supérieur et de la

Recherche, «n'a pas pris part au vote, tout comme l'ensemble du groupe UMP». Est-ce en raison du courrier qu'elle a envoyé au président socialiste de la région Jean-Paul Huchon ?


La contre-proposition de Valérie Pécresse


D'après l'AFP, qui a eu connaissance de la teneur de la lettre, la ministre s'est plainte que la résidence Jean-Zay, construite en 1955, «n'a jamais été réhabilitée». Elle indique que «la communauté d'agglomération des Hauts-de-Bièvre a demandé l'année dernière le transfert de

propriété de la résidence afin de mettre en place un grand plan de restructuration et d'améliorer la qualité des logements proposés aux étudiants».

Dans ce courrier, il n'est pas question de réhabiliter le bâtiment : pour la ministre «tout logement détruit dans la résidence d'Antony dans le cadre de la restructuration devra être remplacé par la construction d'1,2 logement neuf et de surface supérieure». Elle précise par ailleurs avoir «obtenu du conseil général des Hauts-de-Seine un engagement ferme sur la construction de 3.000 logements supplémentaires dans le département d'ici à 2014».

Le 7 novembre, des membres du syndicat étudiant Unef avaient remis le «prix de la destruction» à la ministre, qui participait à une convention sur le logement, en référence justement à la cité universitaire d'Antony. Cette critique ne serait pas tombée dans l'oreille d'une sourde. Par ailleurs, la ministre a annoncé 12.000 logements supplémentaires en France pour les étudiants en 2009, avec la construction de 3.807 chambres et la réhabilitation de 8.412 autres.

Tuesday, December 15, 2009

Table Ronde : Réhabiliter la Résidence Universitaire d’Antony c’est nécessaire et c’est possible !

Compte rendu de la Table Ronde tenue le 4 décembre 2009 à Jussieu

Réhabiliter la Résidence Universitaire d’Antony c’est nécessaire et c’est possible !


Le site de la Résidence Universitaire Jean Zay à Antony doit rester dédié au logement social étudiant. La RUA peut être entièrement réhabilitée. Des financements peuvent être trouvés.
C’est l’avis unanime des participants à la table ronde portant sur « Le logement social étudiant en Ile-de-France » organisée le 4 décembre à Jussieu par l’UNEF, l’Association des Amis de la RUA (AARUA) et le collectif « Pour donner un avenir à la RUA »), à laquelle ont participé près de 200 personnes dont une majorité d’étudiants qui ont pu échanger avec les intervenants.
Le logement social étudiant en Ile de France ? Seuls 3% des étudiants peuvent y accéder (à peine 1/3 des étudiants boursiers). Trouver un logement est une galère pour la plupart des étudiants, a rappelé l’UNEF et rester chez les parents, en particulier dans les milieux moins favorisés, souvent loin des universités, contraint à plusieurs heures de transport quotidien pour se rendre à la fac, rappelait un sociologue de l’OVE (Observatoire de la Vie Etudiante). La Mutuelle des Etudiants (LMDE) a souligné les enjeux de santé : on rogne sur la nourriture pour payer le loyer en effet et le nombre d’étudiants qui ne mangent qu’un repas par jour augmente. De plus en plus d’étudiants n’arrivent pas à boucler leur budget, souligne une infirmière universitaire et quand ils se retrouvent sans logement, ils sont refusés dans les foyers d’urgence du Samu social. Quant aux dortoirs prévus en cités universitaires, ils ont été fermés pour des raisons « pécuniaires », c’est donc la rue pour les étudiants aux ressources insuffisantes

Le retard en matière de logement social étudiant est énorme

Au contraire de ce qui dit la Ministre Pécresse, le retard de construction et de réhabilitation apporté au plan déposé par le député J.P. Anciaux en 2004 n’est pas rattrapé : il est de 25 500 logements aujourd’hui sur les 72 000 prévus d’ici la fin de cette année . Comment alors décider de supprimer 550 chambres à la Résidence d’Antony pour les détruire et dégager du terrain pour une opération immobilière ? Des étudiantes de la RUA ont pris la parole et ont souligné les conditions inacceptables dans lesquelles des étudiants ont été « sortis » de leur chambre et les conséquences lourdes pour beaucoup d’entre eux aujourd’hui.

Le débat technique et les choix politiques

Frédéric Druot, architecte, a souligné combien, sur le principe, il faut toujours éviter de démolir et s’interroger sur les « normes » qui servent de prétexte pour détruire. Il a été rappelé que cette résidence est très bien située géographiquement par rapport aux transports et aux universités. De plus la RUA comportait des chambres pour handicapés, qui ont été fermées. Hugues Simon, ingénieur, a confirmé que le bâtiment « C », dont la démolition est prévue dès 2010, était réhabilitable techniquement, ce que ne nie pas le rapport technique officiel, caché pendant des mois. La destruction de la moitié de la RUA est donc un choix politique et non une nécessité technique. Par ailleurs, les
intervenants ont souligné l'énorme scandale financier que serait la destruction du Bâtiment C en lieu et place d'une réhabilitation-rénovation et l'absurdité économique, sociale et universitaire que seront des « compensations », hypothétiques, ailleurs que sur le site de la RUA.

L’absence des décideurs invités a été remarquée : ainsi la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, le Président du CG92, Patrick Devedjian et de la CAHB, propriétaire contesté de la RUA aujourd’hui ont refusé le débat. Etaient présents Philippe Kaltenbach, Conseiller régional PS qui représentait le Président de la Région, Jean Paul Huchon, Patrick le Hyaric (PCF) député européen du Front de gauche, Guy Bonneau, Conseiller régional (Les Verts), Pascale le Néouannic Conseillère régionale CACRPG (Parti de Gauche) et Antoine Dupin Conseiller Régional pour le Modem. Tous ont exprimé leur volonté que le logement social étudiant et la réhabilitation de la RUA soit une priorité (le Schéma Régional du logement étudiant vient d’être voté dans ce sens). La décision que soit inscrite au budget 2010 de la Région la somme de 20 Millions d’euros pour la RUA a été saluée comme une avancée de la Région, il s’agit d’obtenir maintenant la part de l’Etat.

Jean Baptiste Prévost, président de l’UNEF a conclu en soulignant l’investissement de l’UNEF dans ce dossier et dans les mobilisations à venir et sa volonté de faire s’exprimer tous les politiques sur le sujet dans le cadre de la campagne des Elections Régionales.

Une soirée qui a armé un peu plus ceux qui agissent pour le logement social étudiant.

Communiqué de l’AARUA et du collectif "donner un avenir à la RUA" :

Thursday, October 15, 2009

Reportage sur le logement étudiant et la RUA Capital M6

Accessible ici

http://www.m6replay.fr/#/info/capital/2886

pendant quelques jours encore.

Bakchich.info: Devejian, 20 ans de lutte contre la Cité Universitaire



Article de Benjamin König paru dans Bakchich.info

lire sur
http://www.bakchich.info/Devedjian-20-ans-d-acharnement,08951.html#nh1


Les élus au conseil de la Communauté d’agglomération des Hauts-de-Bièvre ont examiné un deal soumis par les sous-lieutenants de Devedjian pour raser une bonne partie de la plus grande Cité U d’Europe. Enquête.

Les étudiants virés sans ménagement du bâtiment C de la Cité universitaire d’Antony, durant l’été, ne seront pas les derniers. Car d’ici 2013, ce ne sont pas moins de 5 bâtiments sur sept – le B avait déjà été détruit en 1986 – qui vont être rasés, partiellement ou en intégralité, selon le vote [1] vendredi 9 octobre de la Communauté d’agglomération des Hauts-de-Bièvre (CAHB) présidée par Georges Siffredi, le suppléant à l’Assemblée de Patrick Devedjian. Soit la disparition de plus de 8% des logements sociaux étudiants dans toute l’Île-de-France !

Pensez donc : 2051 logements à des prix défiant toute concurrence : 137 euros la chambre, 220 le T2. Une aubaine, alors que la situation du logement étudiant est catastrophique, notamment dans la région parisienne. Les vénérables bâtiments de Jean Zay, dans ce contexte, ne seraient pas de trop. Mais ils se retrouvent accusés de tous les maux. Trop petits, trop vétustes, dangereux pour la sécurité de nos chères têtes blondes, et même pire : figurez-vous que ces bâtiments ne seraient pas écologiques. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage…

Or, tous ces arguments, quand on gratte un peu le béton, ne tiennent pas la route. Un rapport commandé par la CAHB elle-même à l’entreprise Socotec le précise.



L’ensemble des bâtiments ne présente pas de dangerosité immédiate. Surtout s’ils étaient rénovés. Et la résidence est classée « D » sur l’échelle écolo qui va de A à H. Pas ridicule du tout pour ce type de bâtiments, qui pourraient se retrouver mieux notés encore après réhabilitation.

"UNE VOLONTÉ POLITIQUE"

Autre exemple : les chambres de 10,8m², avec les sanitaires dans les couloirs, sont déclarées « trop petites ». Quelle touchante attention… dans le même temps, le Crous inaugure des chambres bien rénovées, comprenant réfrigérateur et sanitaires, dont la superficie atteint… 10m². Encore plus ubuesque : le protocole prévoit pour les bâtiments D et F une réhabilitation partielle, le reste de ces bâtiments devant être démoli. Faut-il en déduire que ces immeubles ne sont abimés que d’un côté ? « L’argument ne tient pas la route, soupire Marie-Jo Weil-Ehrhard, présidente de l’Association des amis de la résidence universitaire d’Antony (AARUA). De toute façon, détruire la résidence est une volonté politique de Devedjian. Tout le reste n’est que prétexte. » Il faut accorder au ministre de la Relance une qualité : l’obstination. « L’idée n’est pas nouvelle, témoigne une membre du collectif de défense de la résidence, qui préfère garder l’anonymat. Dès 1983, Devedjian voulait s’attaquer à la Cité U. » Et il ne s’en est jamais caché. En 1989, alors maire d’Antony, il déclarait à Libé : « Cette cité s’est développée comme un kyste. » Et remettait le couvert quelques jours plus tard, dans Le Parisien, dans un article au surtitre sans équivoque : « Plaidoyer du maire d’Antony pour réduire le site des deux tiers. »

Depuis, il n’a eu de cesse de s’acharner sur la Cité U comme un chien sur une vieille pantoufle. Quitte à user de moyens légaux qui en disent long sur la conception de la morale politique de lui-même et de ses acolytes. En 2004, il fait voter une loi nationale autorisant le transfert de propriété des résidences universitaires entre le Crous et les collectivités locales. « Il a fait une loi nationale pour son intérêt local », s’indigne notre membre du collectif. Mais il faut croire que les années d’études en droit de notre bon ministre, à Assas, n’ont pas servi à grand-chose : l’article de loi est mal rédigé, et le transfert rejeté par le Crous de Versailles. Qu’à cela ne tienne. En 2006, un ami qui lui veut du bien vient à sa rescousse : un amendement est adopté en catimini par le Sénat, dans une loi sur la fonction publique territoriale. Brice Hortefeux, alors ministre des Collectivités locales, s’adresse en ces termes pour le moins cyniques au sénateur qui a déposé l’amendement : « Et ne manquez pas de transmettre toutes nos amitiés et notre bon souvenir à Patrick Devedjian. » Ce qui déclenche l’hilarité sur les bancs de l’UMP. Ah, l’humour auvergnat…


UN TRANSFERT AUX FORCEPS


La brèche enfin ouverte, la CAHB s’y est engouffrée tel l’amiral Nelson à Trafalgar. Le 11 janvier dernier, le transfert de propriété devenait réalité. Et, cette fois-ci, le Crous de Versailles n’a pas pu s’opposer : malgré une délibération négative de son CA, le transfert s’est fait de force. « S’ils n’ont rien dit, c’est qu’ils ont dû avoir des pressions de Devedjian et de Pécresse (ministre de l’Enseignement supérieur qui a la tutelle sur le Crous, ndlr) », ajoute notre membre du collectif. En mars dernier, un recours a bien été déposé contre ce transfert de propriété, mais la date de la décision du tribunal n’est pas encore connue. Alors Devedjian et ses affidés ne perdent pas de temps, et tentent de passer en force. En moins de 10 mois, c’est la destruction de la moitié de la résidence qui est entérinée. Car le vote de vendredi ne fait pas de doute : l’UMP y détient une large majorité. « Mais nous déposerons des recours », prévient Marie-Jo Weil-Ehrhard.

Les acolytes associés des Hauts-de-Bièvre ne perdent pas une occasion de gagner la bataille de l’information. Détail cocasse : sur la fiche wikipedia de Georges Siffredi, un passage met la puce à l’oreille. Les trois dernières phrases reprennent mot pour mot l’argumentaire de la CAHB et des démolisseurs associés. En regardant l’historique de l’article, on s’aperçoit que le passage en question a été modifié le 1er septembre dernier à 10h52. Auparavant, le passage en question était nettement moins dithyrambique : « En juin 2009, en tant que président de la CAHB, il lance l’opération de démantèlement de la résidence universitaire Jean Zay d’Antony. » Ça la foutait mal, sans doute. Mais qui est donc le membre « Jpmpmacm », auteur de cette fameuse correction ? Difficile de le savoir : son adresse IP n’a pas été enregistrée. Un détail cependant : le même, à 11 h 53, a ajouté… une photo de Georges Siffredi. Un opposant, sans doute, qui lui trouve si belle mine…

Et demain ? Rien n’est encore clair. Une chose est sûre : ces terrains valent cher. Un projet d’"écoquartier" a bien été évoqué, avec une crèche et 30 % de logements sociaux. Mais nul ne sait de quoi il retourne. Et puis, 30 % de social, ça fait toujours 70 % pour les autres. Et hop ! De la belle mixité sociale !

Document : le protocole adopté par la CAHB le vendredi 9 octobre 2009:



Tuesday, October 13, 2009

La plus grande cité U française amputée de 819 logements

Article Libération 9 octobre 2009 de MAEL INIZAN

La communauté d'agglomération des Hauts-de-Bièvre a voté la destruction d'un tiers de la cité U de Jean Zay d'Antony, invoquant sa nécéssaire réhabilitation. Les associations étudiantes craignent une opération immobilière camouflée.

***

La communauté de commune des Hauts-de-Bièvre a voté, vendredi, la démolition du bâtiment C, qui compte 548 chambres, de la cité universitaire de Jean Zay (92).

Sera-t-il encore plus difficile de se loger pour les étudiants d'Ile-de-France ? Un cri d'alarme est poussé par plusieurs collectifs alors que la communauté d'agglomération des Hauts-de-Bièvre (92), propriétaire de la cité U Jean Zay d'Antony, a adopté un projet de restructuration de la résidence. A terme, en 2013, plus de 800 chambres de la cité U seront détruites, les autres devant être réhabilitées.

«Ils ont vidé le bâtiment C en juillet. Ce n'était que la première étape, ils s'attaquent maintenant au reste de la résidence» clame Kamel, membre du collectif Halte aux Expulsions. En juillet, près de 500 étudiants, logés dans cette cité universitaire historique du sud de Paris, apprenaient en effet subitement que leur bâtiment allait être détruit. Un nouveau protocole, adopté vendredi soir par la communauté d'agglomération, prévoit la destruction de deux autres bâtiments, comptant 271 chambres.

Démolitions de 819 logements du Crous
Construite dans les années 1950, la cité universitaire de Jean Zay rassemble à elle-seule 2100 chambres, soit 16 % du parc du logement d'Ile-de-France. Cependant, pour le Crous comme pour la communauté d'agglomération, la plupart des bâtiments sont insalubres. Une centaine de chambres sont d'ailleurs condamnées, trop vétustes pour être habitées. «Il ne s'agit ici que de détruire quelques bâtiments pour mieux rénover les autres», se défend Alain Cordina, directeur adjoint du Crous de Versailles.

Pour lui, les bâtiments, à l'architecture «anachronique», ne permettent plus d'accueillir correctement les étudiants. Le protocole voté vendredi doit bouleverser l'organisation des lieux pour enfin leur offrir «de bonnes conditions de travail». Il prévoit notamment d'agrandir les quelque 1300 logements restant : 16 m2, contre 9 m2 aujourd'hui. «De nouveaux logements seront également construits ailleurs dans le département. Pour chaque destruction, le protocole prévoit la construction de 1,2 nouveau logement», ajoute Alain Cordina, affirmant qu'aucun étudiant ne sera laissé de côté.

Un «kyste» urbain
«Mais où sont les lignes de crédit ?», interroge l'Unef. Pour le syndicat étudiant, le protocole affiche plein de «bonnes intentions», mais n'explique pas comment seront financées les rénovations, ni la construction des nouveaux logements. «On a du mal à faire confiance. D'un côté, ils ne mettent pas d'argent sur la table, de l'autre, le document n'est pas contraignant», s'inquiète David Dobbels, de l'Unef.

Pour la plupart des opposants au projet, la rénovation des résidences cache une tentative des pouvoirs locaux de remettre la main sur ce vaste terrain idéalement situé à seulement 20 minutes de Paris. «Pourquoi serait-on capables de rénover certains bâtiments et pas d'autres?», demande Marie-Jo Weil-Erhard, membre active du collectif Sauvons Jean Zay. Contacté par Libération.fr, la communauté d'agglomération n'a pas donné de suite à notre demande d'interview. De son côté, David Dobbels ne manque pas de rappeler que Patrick Devedjian, président du conseil général des Hauts-de-Seine et signataire du protocole, affiche depuis longtemps sa volonté d'intervenir dans l'aménagement de ce territoire, le qualifiant à de maintes reprises de «kyste» urbain lorsqu'il était maire d'Antony.

«On se sent fliqué»
Au sein de la cité U, la tension est palpable. Jeudi, trois étudiants ont été sommé de quitter leurs chambres. Traumatisées par les expulsions en série de cet été, les associations sont montées au créneau, accusant le Crous de commencer à «vider» les bâtiments. «Une simple exclusion d'étudiants qui ne respectaient pas le règlement intérieur, notamment en hébergeant des gens», affirme de son côté le Crous. Gilles Ouvoughou, doctorant en science, est l'un de ces trois étudiants. Accusé d'héberger sa petite amie, il a dû faire ses cartons en quelques heures, sous le regard de quatre policiers et du commissaire d'Antony en personne. «Ils utilisent le moindre prétexte, même sans preuves et mettent des étudiants à la rue du jour au lendemain», accuse un membre d'un collectif qui s'oppose au projet.

Croisé au détour d'un couloir, Maxence, 23 ans, ne sait pas trop quoi penser de toutes les rumeurs qui circulent. Il a assisté à plusieurs expulsions et hébergé des amis qui avaient perdu leurs logements au cours de l'été. Il témoigne de la dégradation du climat, en quelques mois : «Etudiants comme administration, de chaque côté, on devient méfiants. On se sent fliqué. C'est stressant comme situation. On n'est pas trop sûrs de ce qui se passe et de comment ça va évoluer.»